Annonces

Pride Rurale

Nous relayons cet événement qui s’organise pour la première fois dans nos contrées, à Forcalquier, SAMEDI 24 SEPTEMBRE, et l’appel des organisatrices et organisateurs ci-dessous

« j’écoute tout le monde me raconter, qu’aujourd’hui, ce n’est pas difficile d’être homo. que c’est courant. que c’est admis. il y a toujours cette x personne, prénom à l’appui, pour servir d’exemple — regarde, elle est homo, ça ne gêne personne. et c’est encore regarder à côté. c’est parler de personne au nom de tout le monde. mais pas de x, cet·te homo qui exagère. alors quand j’ai peur de tout inventer, je me souviens seulement de toutes les choses horribles que je me suis dites. toute la haine que je me suis portée, sans l’aide des autres. toute la honte dont je me drape encore. les reproches que je m’adresse. tous les blocages desquels je participe. toutes les portes que je me ferme. Les insultes dont je me berce. tout le monde pense qu’aujourd’hui trans-pédés-gouines riment avec pride-paillettes. nos exubérances n’ont d’égales que nos peurs. nos fiertés n’ont d’égales que nos hontes. oui, les paillettes sont aussi le visage de la pudeur. »
Dans Colza de Alice Baylac, p54

Nous, trans-pédés-bi·es-gouines, LGBTQIA+ et autres queeros des campagnes, voulons concilier nos identités avec nos aspirations à vivre, à travailler et à agir en milieu rural.
Nous revendiquons notre droit d’exister et de nous épanouir comme nous sommes, où bon nous semble.
Certain·es d’entre nous sont en quête de lieux où rayonner d’extravagance et d’anormalité sans avoir à se poser mille questions, à commencer par : suis-je en sécurité ? Nous fouillons les campagnes pour nous retrouver, nous regarder, nous soutenir et danser, hors des villes que certain·es ont quittées, si grandes et pourtant si étouffantes, foisonnantes mais étriquées.

D’autres n’aiment pas se mettre en avant, se montrer et être regardé·es. Pourquoi ? Pour une partie d’entre nous, parce que nous avons été contraint·es, dans les campagnes où nous avons grandi, à nous cacher : aux autres, et à nous-mêmes. Parce que trop souvent nos réalités étaient dures à vivre, à assumer dans cette société tellement intolérante. L’égalité des identités et des sexualités, prônée et censée être garantie par un cadre légal, est si peu effective ! L’hétéronormativité, la cisnormativité* nous ont appris, à nos dépens, la nécessité de la discrétion, jusqu’à faire de nous, parfois, des êtres qui ne font pas de vagues.
Nous avons besoin aujourd’hui, malgré l’effort que ça nous demande, de sentir nos carapaces se ramollir et nos boucliers se transformer. Pour nous et pour toutes les personnes qui se reconnaissent dans ces mots. C’est à nous-mêmes de le faire.
Faire la place à nos joies mais aussi à nos colères, celles de devoir lutter, quotidiennement, contre l’oppression et la violence de notre société, de tout un système.
Nos marginalités n’ont malheureusement pas toujours la place d’exister. Il s’agit, pour nous, le 24 septembre prochain de laisser nos révoltes, nos revendications, nos bizarreries s’exprimer, d’interroger et déborder les normes par nos pluralités.

Prendre place donc, ce 24 septembre, en milieu rural : c’est d’autant plus important que nous y avons peu de lieux de sociabilité spécifiques et que l’anonymat y est paradoxalement impossible.

Plusieurs d’entre nous ont grandi à la campagne, ont manqué de représentations pour voir, savoir qu’une diversité d’identités, de manières de se vivre et de relationner existent en dehors de l’écrasant modèle hétérocispatriarcal. Celleux qui ont passé leur enfance en milieu rural ont eu l’impression que c’est en ville que ça se passe et de fait, nous sommes très nombreux·ses à y être passé·es pour se rencontrer, nous-mêmes et notre communauté. Celles-là, comme ceux qui sont arrivé·es au fil de leurs existences à la campagne, se demandent comment continuer de briller, rencontrer et baiser hors la ville. Dans quels espaces endosser les paillettes, se sentir exister ? 

Nous, trans-pédés-bi·es-gouines, LGBTQIA+ et autres queeros des campagnes, sommes en colère : combien d’années encore, combien de personnes, de générations d’enfants, vont subir des violences morales et physiques, ces violences systémiques dues au ravage des mentalités hétérocentrées ? Combien d’années encore à être discriminé·es, à n’avoir légalement que des petits bouts de droits ?
Nous prenons place, ensemble, nous nous montrons, nous luttons, crions et nous continuerons de le faire tant que la honte n’aura pas changé de camp, tant que l’un·e de nous ne sera pas regardé·e comme ce qu’ielle est et pas comme ce qu’ielle n’est pas.

Nous invitons nos proches, nos allié·es, celleux qui ne sont pas sûr·es, se questionnent, qu’on n’a pas encore rencontré·es, qui habitent maintenant en ville ou encore en ville, dans les campagnes proches ou lointaines, à venir défiler avec nous ! « 

*Cisnormativité : désigne un système social dans lequel la norme est d’être cisgenre, c’est-à-dire de se reconnaître dans le genre assigné à la naissance. Concevoir le monde comme cisgenre a pour conséquence de négliger, invisibiliser et réprimer les expressions de genres non-conformes.

 

Classe de son (septembre 2022-juin 2023) > inscrivez-vous vite !

C’est quoi la classe son ?
Coupée des agitations de la ville, perchée sur les crêtes du Luberon, dans un espace propice à l’écoute, la classe de création sonore et radiophonique appelée entre nous « La classe de son » a lieu un samedi par mois à l’École Buissonnière de Montjustin.

Une dizaine d’adultes venant d’horizons différents, initié.e.s ou non au matériau sonore, se retrouvent pour découvrir, expérimenter, récolter, bidouiller, raconter, créer et écrire à partir du sonore…
​Cela peut prendre la forme d’une création radiophonique, d’une composition bruitiste ou électroacoustique, d’une fiction ou bien même d’une carte postale sonore, d’un collage, voire d’un ovni radiophonique.

Cette classe est animée par Chloé Sanchez, réalisatrice et productrice radio et Célio Paillard, artiste sonore.

Plus d’informations :
classesonmontjustin@gmail.com
> www.chloe-sanchez.net/cest-la-classe-de-son
> Flyer classe de son 2022-2023

C’est les vacances !!!! Fermeture

Ça y est la fin de l’été est arrivée ! L’École Buissonnière, et surtout Amélie, partent en vacances bien méritées ! L’École sera donc fermée pour les deux semaines à venir. On se retrouve le samedi 19 septembre ??

REILLANN’AIR -Radio Low Cost


Grâce à un généreux donateur, nous avons recueilli une cabine radio que l’on vient tout juste d’installer au dessus du Café du Cours.
Alors on s’est dit, pourquoi pas créer une radio ici, Internet pour commencer.
Une radio low cost, avec les moyens du bord 🙂

Si tu te sens l’âme d’un.e animateur.rice radio, d’un.e programmateur.rice musicale, d’un.e journaliste, d’un.e bidouilleur.se de son ou que tu as envie de dire, de lire, de dénoncer, d’enchanter, d’improviser, d’expérimenter des trucs à la radio, toutes les bonnes volontés qui aimeraient participer sont les bienvenues.
Mais aussi si tu as un cerveau disponible rempli de connaissances techniques en ordi, son, radio, bruitage, décollage, atterrissage, ou que tu aurais envie de dessiner le logo de Reillann’Air, ou bien de repeindre à la « wanegaine » la cabine radio, viens, viens !
Dimanche 15 mars 2020 à 15h
au Café du Cours
pour la première réunion de création de Reillann’Air !!

C’est dans longtemps alors d’ici là parlez-en, faites tourner ce message aux gens susceptibles d’être intéressés.